AFRIQUE ONE-ASPIRE

Afrique One
Building Pan African Research Capacity in One Health

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Building Pan African Research Capacity in One Health

Afrique One et ses partenaires engagent les communautés du centre de la Côte d’Ivoire pour l’élimination de la rage

La rage est l’une des maladies les plus redoutables car à l’apparition des symptômes, elle se révèle mortelle dans presque tous les cas. Hautement contagieuse, cette maladie est transmissible par morsure et griffure d’un animal contaminé (ex : chien, chat, etc.). La transmission est plus rapide de l’animal à l’humain. En Côte d’Ivoire, la rage demeure endémique et continue de faire des victimes dans plusieurs régions du Pays. 

Cependant, cette tragédie peut être évitée. La vaccination des chiens représente une solution clé pour prévenir la transmission de la maladie. De plus, une prise en charge rapide des personnes mordues, en les dirigeant vers un centre de santé offrant un traitement post-exposition, est essentielle pour stopper la progression de cette maladie mortelle.

Pour atteindre l’objectif “zéro rage” en 2030 en Côte d’Ivoire, Afrique One et différents partenaires engagent les communautés du centre du pays. Dans cette dynamique, un atelier de co-création s’est tenu le 15 novembre 2025 à Bouaké avec différents acteurs locaux. Il a réuni les communautés provenant des quartiers de Bouaké tels qu’Ahougnansou, Municipale, Dar-es-Salam, Cité CIDT et Adjé Yaokro. Des représentants de la jeunesse communale, des enfants, ainsi que des professionnels de santé de l’Institut National d’Hygiène Publique (INHP) et de la Direction des Services Vétérinaires de Côte d’Ivoire (DSV) ont également participé.

L’objectif de cet atelier était de co-construire une stratégie d’engagement communautaire adaptée au contexte local, afin d’encourager les victimes de morsures à se rendre rapidement dans un centre de santé pour recevoir une vaccination post-exposition.

C’est ce qu’a affirmé Dre Kathrin Heitz-Tokpa, Gestionnaire de programme au Consortium Afrique One basé au Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS), à l’ouverture de l’atelier : “La raison pour laquelle nous sommes là, est de voir ensemble comment allons-nous parler avec nos communautés, nos quartiers […] pour élaborer une stratégie d’engagement communautaire qui permette de changer le comportement des populations pour les amener à aller dans un centre de santé après une exposition (morsure).”

Cet atelier a été motivé par de nombreux cas de rage humaine enregistrés en Côte d’Ivoire, notamment à Bouaké. Ces cas révélateurs montrent qu’il existe des failles au niveau de la communauté. « La maladie demeure largement méconnue, et malgré la survenue de morsures et de griffures, les populations n’utilisent pas les centres de santé ni les voies appropriées pour accéder à la vaccination nécessaire à leur protection », explique Dr Mathilde Tetchi, chef de service du centre anti-rabique de l’INHP. Dr Tetchi souligne l’urgence d’une sensibilisation et d’une éducation renforcées au sein des communautés pour prévenir la rage et réduire le recours tardif aux soins, essentiel pour sauver des vies.

L’atelier était co-animé par Dr Kathrin Heitz-Tokpa et Dr Bognan Koné, tous deux chercheurs associés au CSRS et membres du Consortium Afrique One. Il s’est articulé autour de trois activités clés :

  1. Une séance de sensibilisation sur la rage, animée par Dr Bérengère Zogbé et Dr Mathilde Tetchi du Centre Anti-Rabique de l’INHP.
  2. Des travaux de groupe visant à identifier les problèmes locaux et les solutions qui empêchent les victimes de morsures de se rendre rapidement dans un centre de santé.
  3. La co-construction d’une pièce théâtrale avec les communautés, destinée à sensibiliser le public sur la rage. 

À travers les travaux de groupe, les communautés ont fait les propositions suivantes :

  • Mener des campagnes de sensibilisation plus régulières ;
  • Organiser des causeries éducatives dans les quartiers ;
  • Mettre en place des points focaux au sein des communautés pour renforcer la sensibilisation ;
  • Concevoir des messages clairs et utiliser les bons canaux de communication comme les groupes WhatsApp ;
  • Construire un centre d’accueil pour les chiens errants ;
  • Créer une plateforme d’alerte pour signaler rapidement les morsures de chiens ;
  • Rapprocher les centres de santé des populations ;
  • Prévoir des sanctions pour les propriétaires de chiens qui ne vaccinent pas leurs animaux ;
  • Réduire le coût du vaccin antirabique, voire le rendre gratuit pour les enfants ;
  • Encourager les enfants à signaler les cas d’agressions de chiens et sensibiliser les parents à être à l’écoute ;
  • Utiliser le théâtre comme outil de sensibilisation sur la rage.

Par la suite, une pièce théâtrale co-construite et animée par les communautés, avec l’appui d’un metteur en scène, a été élaborée pour sensibiliser à la lutte contre la rage. Cette pièce fera ultérieurement partie de la stratégie d’engagement communautaire et sera jouée dans les communautés afin de renforcer la sensibilisation.

Pour son mot de fin, le Professeur Tiembré Issiaka de l’INHP a tenu à remercier toutes les parties prenantes pour leur engagement dans la lutte contre la Rage en Côte d’Ivoire.

Cet atelier s’inscrit dans les activités du projet GAVI PEP-PEV. Il vise à renforcer la lutte contre des maladies graves comme la rage en rapprochant les vaccins post-exposition (PEP) des populations. Ce projet est initié en collaboration avec le CSRS, Swiss Tropical and Public Health Institute (Swiss TPH) et Gavi avec le soutien du Ministère ivoirien de la Santé et de l’Hygiène Publique via l’Institut National d’Hygiéne Publique (INHP) et le Ministère ivoirien des Ressources Animales via la Direction des Services Vétérinaires (DSV).

Il s’agit du deuxième atelier de co-création. Le premier s’est tenu à Taabo, au centre de la Côte d’Ivoire en septembre 2025. Un autre atelier est prévu pour décembre 2025.

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